SERVIOR et SOLINA: correspondance intergénérationnelle

Loin des yeux, loin du cœur… Lancée au début de la crise du Covid-19, l’opération de rapprochement entre des pensionnaires de SERVIOR, au centre du Rham à Luxembourg, et des jeunes du foyer Novavia, à Bonnevoie, a été totalement conditionnée par le confinement des maisons de repos.

SOLINA Solidarité Jeunes, l’association sans but lucratif qui gère le foyer, s’est donné pour mission d’apporter aide, soutien et accompagnement aux mineurs, aux jeunes adultes et aux adultes en difficultés sociales et psychosociales. Egalité de traitement et non-discrimination sont deux grand principes qu’elle cultive.

A distance

Alors que l’on encourage de plus en plus les expériences intergénérationnelles, l’occasion était belle de rapprocher des jeunes avec des personnes qui ont souvent tout connu de la vie et de ses difficultés.

L’initiatrice du projet, active au foyer Novavia, explique: « J’ai thématisé le sujet du confinement: qu’est-ce que cela représente pour les jeunes? Ils ne vont plus à l’école, ce qui en a bien évidemment réjoui plus d’un au début. Mais, avec le temps, il s’est révélé que l’école leur manquait… tout comme leurs copains de classe. Les multiples informations reçues par les médias, sont-elles plus perturbantes que sécurisantes? Comment vivent-ils le fait d’être séparés encore plus de leur famille en ce moment de confinement. Ils ont exprimé leurs pensées, leurs craintes et leur questionnement d’un futur incertain mais aussi d’un changement dans les relations humaines après la situation du Covid-19. »

Les consignes sanitaires et l’isolement du plateau du Rham ont empêché tout rapprochement physique entre les deux groupes. Pour cela, il faudra encore attendre plusieurs semaines, ou plusieurs mois…

Sous le vent

Qu’à cela ne tienne: pour entretenir les contacts, une dizaines de biographies de résidents de chez SERVIOR ont été transmises au Foyer Novavia. A charge pour les plus jeunes de mettre en image, en musique ou en prose, la vision qu’ils peuvent avoir de leurs aînés.

« Nous avons reçu un petit descriptif de leurs activités préférées, ou du métier qu’ils avaient exercé, explique l’animatrice. Nous avons constaté des similitudes: les jeunes et les personnes âgées ont beaucoup en commun. Par exemple, un jeune fort doué en dessin a offert l’illustration d’un ange et d’une chouette à une dame qui partage la même passion du crayon et des animaux. »

Le chargé de direction Bernard Braun a joué les facteurs et commencé à distribuer les contributions, placées sous les notes d’une vidéo générique, aux accents québécois du chanteur Garou: « Sous le vent ». Une pointe de Shawn Mendes, aussi, puisqu’on est dans l’intergénérationnel. Des dessins, des collages, des lettres… Les liens se tissent doucement, délicatement, à la surprise ravie des destinataires. Mais ce n’est qu’un hors d’œuvre: l’opération ne prendra vraiment toute son envergure que quand la distanciation ne gâchera plus les contacts humains, et que seniors et jeunes pourront enfin deviser de vive voix.