Niederkorn : quand la chorale fait son cinéma

Et dire que sans le Covid, les résidents de notre maison de Niederkorn n’auraient sans doute jamais appris les joies de la mise en scène, des chorégraphies et du clip vidéo. Quand, avant Noël 2020, la chorale est une fois de plus privée de voix, Monia Bausch, la référente animation de la maison, décide avec les résidents de se lancer dans l’écriture d’une chanson, et de l’illustrer en vidéo. Même si le virus empêche de se réunir et de chanter, il n’est pas question de baisser les bras. Résultat : une collaboration fructueuse, et un clip qui met du baume au cœur de la communauté pour les fêtes de fin d’année.

Monia Bausch, Mike Marnach et les résidents.

Pour une première, ce ne fut pas un coup dans l’eau. Au point que les protagonistes avaient fort envie de continuer dans la même veine. « L’enthousiasme était énorme, sourit Monia Bausch. Ceux qui y avaient participé voulaient vraiment remettre cela. On s’est revus au début de l’année, en individuel, avec les résidents les plus motivés, pour réfléchir à un thème d’été. » Après la nostalgie de Noël, le bonheur de revoir le soleil… dès que possible. En avril, les pensionnaires les plus motivés se sont revus par petits groupes, restrictions obligent : pas plus de quatre à la fois. Mike Marnach, éducateur gradué… et accordéoniste émérite, a encadré le projet dès le début avec sa collègue chanteuse.

Un horizon ensoleillé

« La mécanique est simple, finalement, raconte Monia Bausch. On écrit d’abord les textes de la chanson. Nos seniors choisissent les thèmes qui leur tiennent à cœur. Et au fur et à mesure, une mélodie me vient dans la tête. Nous cherchons alors les rimes, en accord avec le rythme que je commence à imaginer. Je synthétise tout cela à la maison, et les résidents corrigent, adaptent. » Monia Bausch, qui a fait du chant classique à l’Ecole de musique de Bascharage et au Conservatoire d’Esch-sur-Alzette, rédige le texte en luxembourgeois et suggère la mélodie. Eric Yovogan, son complice basé à Bruxelles, met tout cela en musique. C’est lui qui enregistrera tous les instruments avant de les mixer avec la voix de Monia et des pensionnaires de Niederkorn.

Le thème de cet été est une fois de plus parti du confinement. « J’ai beaucoup parlé, individuellement, avec les gens, explique Monia.  Je voulais voir, avec eux, un horizon ensoleillé, la perspective de pouvoir chanter ensemble à nouveau. C’est vrai que la situation s’améliore, que nous avons repris les sorties… mais à quatre ou cinq, plus à vingt-cinq. » Les auteurs voulaient donc du rythme, un ton joyeux, un tempo rapide… mais pas à l’excès. Ainsi est née la chanson « Summer dat as den Hummer ».

Toute la communauté danse

Si, à Noël, la vidéo avait surtout rassemblé des images d’ambiance, pour l’été, le groupe a ajouté un ensemble de chorégraphie et de décors floraux. Il s’est même offert, en apothéose, des danses aux balcons du plus grand bâtiment de la résidence Um Lauterbann : il fallait donner une impression de masse, d’union de toute la communauté autour de ce projet. La séquence a été mise en boîte en cinq minutes chrono. Dans d’autres clips, c’est le directeur lui-même, Claude Parisi, qui donne le tempo… à la grande joie des familles en visite. « Nos résidents ne manquent pas d’idées pour les chorégraphies : ils voient de choses à la télévision, en imaginent d’autres, et font des suggestions. La caravane des chaises roulantes est assez représentative de cette créativité. » Encore une fois, les séquences ont été soumises à la sélection du jury des seniors, souverains dans le projet.

Comme le soleil a mis du temps à s’installer cette année, la parade est toute trouvée pour le prochain millésime, si une nouvelle vidéo devait être produite : « On fera « Singing in the rain », annonce Monia Bausch, pince-sans-rire. Cela permettra de conjurer le mauvais sort météorologique et d’attirer enfin le beau temps. »