« A la maison, je m’ennuyais » : la solitude, on peut la repousser

« Mais que faites-vous donc dans cette résidence pour seniors, vous qui êtes encore en pleine forme physique, dynamique, joyeuse ? » Cette question, posée au détour d’une rencontre à une résidente d’une maison SERVIOR, provoque une réponse d’une simplicité toute crue : « A la maison… je m’ennuyais ». Quand l’âge avance, quand les enfants ont pris leur envol, quand survient le décès d’un compagnon, que les amis ne sont plus là, ou deviennent de moins en moins mobiles et accessibles, la solitude commence tout doucement à s’installer. Elle peut être brutale, après la disparition du conjoint, mais s’accommode tout autant d’une progression sournoise, qui modifie nos habitudes à petites doses… jusqu’à nous laisser dans un isolement psychologique d’où il sera très difficile de sortir. Certains l’ont compris, qui préfèrent par exemple anticiper le moment de leur déménagement dans une résidence pour seniors, alors qu’ils jouissent d’une santé physique remarquable, et continuent à se déplacer à gauche et à droit avec leur véhicule personnel. « Ici, je vois du monde, je mange bien, je participe aux activités, j’ai une vie sociale que je n’avais plus à la maison », résume Mathilde, la résidente au sourire contagieux.

Home sweet home

Certains seniors ont la lucidité d’anticiper les risques d’isolement psychologiques. D’autres ne le voient pas venir. L’attachement à son foyer, où l’on réside depuis des décennies, est un facteur déterminant. On privilégie le lieu rassurant, plutôt qu’une atmosphère propice qui se dilue petit à petit, peut-être simplement parce qu’on n’a pas eu l’idée d’adapter ses vieilles habitudes, ou de rester fidèle à une routine sociale. Il existe pourtant des trucs pour éviter de tomber dans l’isolement. A l’instar d’une alimentation saine, il suffit de les connaître, et d’avoir un peu de volonté pour les mettre en application. Un entourage familial attentif est évidemment un gros atout pour aider le senior à entrer dans une routine positive.

Un être social

Donner un sens au quotidien, c’est la base du plan anti-déprime, de la tactique contre l’isolement. Encore faut-il que les gestes posés dans ce sens s’accompagnent d’une ouverture vers le monde. Le mot-clé est : « social » ! En avant pour le volontariat, si l’on a des talents utiles à son entourage, dans quelque domaine que ce soit. La disparition de la vie professionnelle ne doit jamais signifier une mise à l’écart de la société. Il faut continuer à exploiter ses talents, à prodiguer ses conseils, que ce soit dans des domaines liés à son métier ou à ses hobbys, comme l’art ou le jardinage. Mais surtout, il faut tout faire pour rencontrer d’autres personnes : s’inscrire à des clubs de seniors et ne pas laisser passer l’occasion de partager les repas avec d’autres personnes. Ce sont des moments importants pour parler, partager ses questions, ses joies, se débarrasser un peu des pressions qu’on intérioriserait si on restait seul toute la journée. Entretenir un cercle humain autour de soi est fondamental ; mais pourquoi pas, aussi, garder un animal de compagnie, également propice à briser la solitude. S’il s’agit d’un chien, c’est aussi le prétexte à des balades régulières, essentielles pour garder la santé physique, et donc ménager son équilibre psychique.

Médecine et soins paramédicaux

L’un des freins au contact social, assez tabou, c’est l’apparence physique. Combien de seniors n’osent plus sourire parce que leur dentition de vingt ans est un lointain souvenir ? Combien craignent de participer à une conversation parce qu’ils entendent mal ? Des troubles de la vision et de l’audition sont souvent prétexte à l’isolement, tout comme l’image négative que le senior peut avoir de son corps. Pour sortir de cette spirale, un suivi médical adapté est très important, avec le recours, si nécessaire, à une prothèse auditive, et à une bonne paire de lunettes. Une sortie régulière chez l’esthéticienne ou le coiffeur sont des compléments très appréciables. L’intervention régulière d’un podologue contribue à l’autonomie des seniors et donc à leur faculté de conserver une vie sociale. Des personnes âgées en surpoids se sentent facilement embarrassées, et peuvent fuir le contact. Des compliments positifs les aideront à retrouver la confiance.

Et quand on parle de vie sociale, rien de tel que le voisinage immédiat pour garder un œil attentif et maintenir un climat de sécurité autour du senior. La plupart des voisins ne demandent qu’à contribuer à garantir un cercle sécurisé autour des personnes âgées, surtout si elles vivent seules.