La canicule, un phénomène de plus en plus familier

Réchauffement planétaire oblige, nous serons amenés à vivre de plus en plus d’épisodes estivaux où les températures nocturnes ne descendent plus suffisamment pour rendre la nuit supportable, après des journées torrides. Ce phénomène n’est pas neuf. On l’appelle « canicule ». Il n’y a pas si longtemps, on parlait de « la » canicule, celle qu’on connaissait une fois dans une vie. Celle de 1947, ou celle de 1976, par exemple, qui avait asséché les terres… et les gosiers. Aujourd’hui, avec le changement climatique, le phénomène s’est banalisé. Les épisodes caniculaires se succèdent. Les précautions s’imposent. Les services sanitaires s’organisent.

Seniors en première ligne

Le vrai signal d’alarme a été tiré en 2003, quand la chaleur a causé plus de 70.000 morts en Europe. Surtout des seniors, souvent isolés, qui avaient succombé seuls, dans une certaine indifférence, parfois. Le Luxembourg n’avait pas été épargné : une surmortalité d’environ 15% y fut enregistrée, ce qui en faisait l’un des pays les plus touchés. Pour mémoire, cette année-là, on enregistrait une température maximale de 41,5 degrés à Oberkorn, le 8 août. 2003 marque le moment de la véritable prise de conscience par rapport à ce phénomène appelé à devenir de plus en plus familier.

Plan canicule

Aujourd’hui, la météo permet d’anticiper les périodes délicates bien mieux qu’il y a 50 ans. Les pouvoirs publics sont attentifs. Au Luxembourg, ils disposent de deux armes : le plan canicule, ensemble de mesures permettant d’encadrer la population à risque, et l’alerte canicule, qui est déclenchée lors d’une vague de grandes chaleurs. La chaleur ne touche pas que les personnes âgées, mais aussi les nourrissons ou ceux qui souffrent de certaines maladies chroniques.

Surveillance à domicile

Le plan canicule s’adresse aux personnes de plus de 75 ans, vivant seules (ou avec une personne non valide), à autonomie limitée, peu entourées et sans aide de la part de l’assurance-dépendance. Il faut s’y s’inscrire pour bénéficier de visites de surveillance et d’aide à l’hydratation en cas de forte chaleur. Les visites sont assurées par les services d’aides à domicile. Lors de ces visites, les professionnels s’assurent que les personnes âgées ou malades suivent les recommandations de base.

Une âme de sportif

Le senior doit retrouver son âme de sportif : il doit, comme l’athlète, se persuader qu’il doit boire bien avant d’avoir soif, pour éviter la déshydratation. En cas de forte chaleur, il est recommandé de boire minimum 1,5 litre d’eau par jour en petites quantités régulières (2 à 4 fois par heure). Les eaux riches en sels minéraux, comme l’eau minérale ou pétillante, sont préférables à l’eau de source. La consommation de café ou de thé et de boissons trop riches en sucre ou en caféine est à limiter au maximum en raison des effets diurétiques. En cas de manque d’appétit, il faut fractionner les repas et opter pour des fruits, des crudités, de la salade et des légumes. Chez SERVIOR, le personnel est évidemment très attentif aux effets de la chaleur, même quand on ne parle pas strictement de « canicule ».

Quelques règles de comportement fondamentales sont à respecter, dans la mesure du possible. Laisser les volets ou stores fermés pendant la journée, et aérer le logis au maximum la nuit, quand la température est un peu redescendue. Prendre des douches régulièrement et, à défaut, des bains de pieds ou de mains. Si on doit sortir, privilégier l’ombre et se couvrir la tête et, évidemment, s’habiller léger. Les citadins et les campagnards ne sont pas égaux devant la canicule. Alors que le béton des villes absorbe la chaleur pendant la journée pour la restituer encore la nuit, la nature offre de meilleurs contrastes de température, et permet de retrouver un peu de fraîcheur. Si on peut choisir, toujours opter pour la mise au vert.

Le site internet du ministère de la Santé propose en détail toutes les informations nécessaires.